CONDÉ, un flic à la PJ de Pierre FOLACCI

Annecy tu connais ?
Moi, je ne connaissais que de blase, invité à un salon merveilleux nommé les Pontons Flingueurs, je découvre : c’est vraiment beau, la couleur du ciel, de la flotte, tout est magnifique…
Tout ou presque, il y a non loin de moi un type à l’air austère, comme dirait Coluche : « pas tibulaire, mais presque ». Le genre de gus qui culmine à un petit mètre soixante-dix, pas un gorille, mais il en impose. Tu n’as pas envie de le faire chier, d’ailleurs, tu n’as même pas la simple envie de causer avec.
Discrétos, un coup de périscope sur son bouquin : ah merde, un flic, encore un… tu m’étonnes qu’il ait une gueule si peu avenante…
Puis je l’entends rire, et d’un coup, mon premier avis, qui était issu d’un délit de faciès — pour une fois que l’on inverse les rôles — s’envole tel une colombe au-dessus du lac d’émeraude (j’donne des cours de poésie si tu as besoin pour lever des gonzesses).
Bref le mec est en fait très sympa, je l’écoute causer, il narre sa vie, son roman, il te parle de mec comme Payet, Francis le Belge, avec une forme de respect. Du coup, je commence à voir un drôle de personnage.
Un Condé à l’ancienne, qui « jouait » avec de vrais voyous, pas des anges non plus, les mecs poinçonnaient sans relâche des billets pour Saint-Pierre, mais il y avait un certain code d’honneur…
Des choses qui se faisait, d’autres pas…
Puis quand tu te faisais serrer, tu reconnaissais ta défaite, tu avais joué, tu avais perdu, point-barre…
Pierrot « El Flico-Corsico », il te raconte tout ça, il t’ouvre sa carrière, celle d’un grand poulet, il te balance ce qu’il a fait, non pas d’illégal, mais de toléré pour faire tomber un caïd.
Il balance aussi, ses collègues lâches, les pourris, les politiques qui usent de la police, sans la défendre quand elle a besoin de son ministre de tutelle. Il raconte tout cela, sans tergiverser, il se contrefout de ce que l’on pensera de lui. Il veut juste te montrer que des salauds, il y en a partout, personne n’est tout blanc ou tout noir, tout repose sur des nuances de gris…
Folacci est dans la vie comme dans son livre, un mec carré (d’esprit, pas d’épaules), droit, qui a une parole, et qui y tient plus que tu tiens au pucelage de ta frangine, c’est te dire.
Tu vas me dire, des témoignages de bourres et autres poultoks, y en a à la pelle, je te répondrais poliment que ce n’est pas faux, mais crois-moi, celui-là vaut le détour, car le Condé à un putain de carnet d’adresses et de sacrés souvenirs qu’il t’offre…
Un livre très intéressant, vraiment apprécié, un Condé n’est pas qu’un flic qui sait la différence entre le bien et le mal, c’est avant tout un type avec ce que l’on nomme l’humanisme et le respect, deux mots, deux valeurs en perdition dans notre société…
Tu comprends mieux pourquoi le type s’entend s’y bien avec René Frégni, ils sont complémentaires.
Si tu as envie de changer de genre un peu, de ne pas lire un roman, n’hésite pas à lire CONDÉ, un flic à la PJ, y a des chances que tu t’endormes moins con, c’est te dire…
Juste, évite de le déguster avec un millefeuille, tu pourrais avoir un haut-le-cœur…

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